Derrière ce titre racoleur qui, je l’espère, me vaudra un maximum de clics, se cache une véritable angoisse que tout écrivain connait un jour : avoir l’impression qu’on ne fait rien de bon. Quand on gagne en expérience, après avoir écrit plusieurs romans, j’imagine que l’on apprend à dompter ce ressenti, ou encore mieux, le faire taire. Mais quand on écrit son premier roman, comment réussir à faire la différence entre ce qui est bon et ce qui ne l’est pas ? Comment se sentir légitime dans cette noble tâche qu’est l’écriture ? Au cour des 18 mois d’écriture de mon premier ouvrage, je ne dénombre plus les fois où je me suis dis : “ rien ne va, tout est insipide, mon roman c’est de la merde”. Il y a un certains nombres de petites choses que j’ai mis en place pour ne pas perdre ma motivation, et je m’en vais vous les conter.

Pendant que tu stagneras, un autre auteur, lui, avancera

Cela va peut-être paraître présomptueux, mais je me suis imaginé dans ma tête l’auteur idéal que j’aimerai être. Cette personne, que nous appellerons Robert, ne se démotive jamais. Robert est sûr de lui, mais sait également écouter les avis constructifs. Robert écrit 2000 mots par jour, qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il Noël. Robert s’est fixé un objectif : terminer son roman pour début 2018. Pour se faire, il met toutes ses chances de son côté.

Le jeune Stephen King en plein travail…

A chaque fois que je me suis mis à douter, que j’ai commencé à abandonner, j’ai visualisé dans ma tête cet auteur anonyme. Il pouvait avoir la forme d’un jeune Stephen King, d’une jeune JK Rowling, peu importait. Ils avaient tous un point commun : ils n’ont jamais lâché leur rêve, et ils ont tous réussi. Cette idée de me voir glander alors que Robert, lui, pourrait atteindre son rêve plus vite que moi, me redonnait un coup de boost incroyable.

L’important n’est pas la destination, mais le voyage

Parfois, je me suis fait prendre dans un tourbillon de mauvaises pensées. Je pensais au nombre de pages à écrire, aux longs mois d’écriture qui m’attendaient, et je commençais à perdre espoir. J’ai dû réécrire une dizaine de fois le début de mon histoire. Je me suis emmêlé dans des corrections interminables. J’ai perdu pied. A force de faire et refaire, mon roman prenait la forme d’un vêtement trop de fois rapiécé. Je trouvais le tout médiocre, à la limite du ridicule.

Ce qui est important dans l’écriture d’un roman, c’est de profiter de l’instant. Se projeter est bénéfique, mais peut entraîner de terribles frustrations : on écrit, on écrit, et on ne voit jamais la fin arriver. Chaque chose en son temps. Chapitre par chapitre, il faut apprendre à profiter de chaque ligne. La moindre petite victoire compte. Si on ne pense qu’à l’instant où l’on aura le livre entre nos mains, on en oublie l’essentiel : la passion d’écrire.

A force de vouloir bien faire, on ne fait rien

Si j’ai recommencé une dizaine de fois mon roman, c’est qu’il ne semblait jamais vraiment correspondre à l’idée que je m’en faisais. On a tous dans notre tête ce livre idéal, cet ouvrage parfait que l’on brûle d’envie d’écrire. Puis une fois à l’oeuvre, tout nous paraît plus fade, moins brillant que l’image qu’on s’en était fait. Ce mirage littéraire, je l’ai poursuivi pendant de longs mois, avant de comprendre que je ne l’atteindrai jamais. Après avoir passé le choc de ce constat, je me suis finalement senti libéré de ce fardeau que je m’étais moi-même imposé. J’ai donné le meilleur de moi-même, essayé de tout mon être d’écrire la meilleure chose possible. Et tant pis si elle n’a pas l’allure que je lui pensais. Et tant pis si elle ne rencontre aucun public. J’aurai réalisé un rêve que je croyais jusque là impossible : écrire un roman.

Mais à trop vouloir faire, on ne fait rien de bien

Je vais enfoncer une porte ouverte, mais il me semble bon de le rappeler. Je ne suis pas de ceux qui imaginent l’écriture comme un don divin que quelques rares élus ont la chance d’avoir. Je crois au travail, en l’apprentissage, à la rigueur. Je crois qu’avec tous ces éléments, on peut devenir auteur.

“Le talent c’est d’avoir l’envie de faire quelque chose. Tout le restant, c’est de la sueur” disait Jacques Brel.

Il est trop facile de simplement se dire “mon roman n’est pas bon”, “mes personnages sont insipides” et d’en rester là. Il existe une multitude d’ouvrages qui sauront répondre à tel ou tel problème. Soyons honnête : oui, il y a de grandes chances pour que notre premier roman soit mauvais, bancal, imparfait. Il ne tient qu’à nous d’apprendre à l’améliorer.

Que vous accomplissiez ou non votre rêve, le temps va continuer de passer. Les années que vous allez passer à vous dire que “de toute façon j’écris de la merde”, vous pourriez les passer à écrire et à vous améliorer. Tous vos livres préférés ont un jour paru minable dans les mains de leurs auteurs. Arrêtez de douter. Arrêtez de laisser filer le temps. Prenez un stylo, et écrivez. L’expérience sera douloureuse, belle, terrifiante, enrichissante, déprimante, incroyable ; elle changera votre vie à jamais.

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