Vous avez bien lu le titre ? Sûr ? Bon. Je préfère m’en assurer, que vous ne soyez pas déçu du contenu de cet article. Il ne s’agira pas ici de vous faire une liste exhaustive de toutes les techniques (de la plus rationnelle à la plus chamanique) pour trouver l’inspiration à coup sûr. Pour ça, cliquez ici et Enjoy. Je voulais plutôt vous livrer les choses qui marchent chez moi et moi seul. Peut-être que rien ne fonctionnera pour vous, peut-être que certaines choses vont vous parler.

Je suis une éponge

C’est un fait. 95% de mon inspiration vient de ce que je vois, entends, ressens, lis, etc… Je peux me retrouver devant un film, me focaliser sur un détail insignifiant dans son histoire, et en faire le point de départ d’un nouveau récit. Je peux écouter une musique qui va me transcender, et voir un film se dérouler devant mes yeux. Je peux discuter avec un ami, et ce qu’il va me dire va être le début d’une folle aventure.

J’ai besoin de ressentir des émotions pour imaginer. J’ai besoin d’une source artistique pour créer. Foutez-moi dans une forêt, ou devant une feuille blanche, et vous êtes garantie de me voir bloquer pendant des heures sans que la moindre idée ne me vienne. Je ne suis pas de ceux qui croient à l’illumination divine, à la pure créativité venant du néant. Toutes les intentions créatrices sont liées les unes aux autres. Les œuvres du passé répondent à celles du futur. Et quand je dis “oeuvre”, n’y voyez pas immédiatement un tableau de De Vinci, une partition de Bach ou un paragraphe de Shakespeare. Je parle aussi et surtout de la petite série Z au budget limité, du livre pour enfant dérobé à ma petite cousine, du jeu vidéo qui est censé me rendre débile (ou psychopathe, au choix). Tout support artistique peut être le départ d’une histoire, d’un nouveau puits d’inspiration sans fond.

Venons-en, au puits.

Ce fameux puits que j’imagine rempli de mon inspiration. Si je veux continuer à être créatif, à écrire de nouveaux romans, de nouvelles histoires, je dois faire en sorte qu’il ne tarisse jamais. Comment je fais ?

Vous m’excuserez l’expression, mais c’est “tout con”. Je lis des livres sur divers sujets, je regarde des films, je vais à des expositions, je plonge jusqu’à la noyade dans ce qu’Internet peut m’offrir d’illustrations, de vidéos, de sons. Chacune de ces œuvres est une petite goutte qui se rajoute à mon puits, et m’aidera un jour ou l’autre à trouver l’inspiration.

Quand je suis en pleine écriture de roman, mon puits a tendance à se vider rapidement. Parfois, j’ai besoin de faire une pause avec l’écriture, de me plonger à nouveau dans ces océans artistiques pour remplir à nouveau mon puits.

Et vous, il est comment votre puits ?

Prendre des notes

Quand mon puits est plein à ras-bord, il peut m’arriver de ne pas pouvoir m’endormir tant mon cerveau tourne à cent à l’heure. Il imagine sans cesse de nouvelles idées, de nouveaux récits qui me paraissent tous plus fantastiques les uns que les autres. Du détail insignifiant à l’histoire complète, il crée à un rythme effréné sans que je ne puisse le contrôler.

Avant, je ne prêtais pas attention à toutes ces idées, car je me disais la chose suivante : “Je vais m’en rappeler”. Cette phrase est le PIRE ENNEMI de l’écrivain (et même du créatif en règle général). Soyons clair une bonne fois pour toute : NON, vous ne vous en rappellerez pas. Pas dans son entièreté. Pas dans tous ses détails et toute sa fraîcheur. Je ne saurai dénombrer les superbes idées que j’ai perdu à cause de cette foutue phrase.

Comment y remédier ? Il faut TOUT noter.

Et quand je dis tout, c’est TOUT.

J’ai pris l’habitude d’avoir toujours un carnet à portée de main qui me sert de mémoire (si vous vivez en 2018, vous pouvez aussi utiliser une application sur votre smartphone). Et tant pis si je suis à moitié en train de dormir, et tant pis si je suis en plein rendez-vous important. Si je ne note pas dans les minutes qui suivent, je sais que je vais oublier.

Il faut bien comprendre une chose : la matière première de l’écrivain, ce sont les idées. Pas d’idée, pas d’histoire. Pas d’histoire, pas de roman. Pas de roman…Pas de roman. J’ai toujours eu tendance à négliger mes idées, à ne pas leur accorder l’importance qu’elles méritent. Mais j’ai réalisé que si je voulais vraiment être écrivain, je devais les faire passer avant tout le reste. Elles sont l’oxygène de nos écrits, les globules rouges qui irriguent le corps de nos romans. Les idées ne sont pas de vulgaires histoires sans lendemain qui ne méritent votre attention que le temps d’une nuit. Vous devez construire une relation solide avec elles, basé sur l’amour et le respect. Alors s’il vous plaît, arrêtez de vous comporter comme des goujats avec elles !

A toi d’jouer !

C’est bien joli tout ça, mes histoires de puits et de globules rouges, mais qu’est-ce que je fais quand mon imagination me fait le coup de la panne ? Je sors un jeu de carte, bien sûr !

Sur une cinquantaine de cartes vierges, j’ai inscrit sur chacune une idée, une action à faire pour essayer de débloquer une situation. Par exemple :

“ changer de point de vue “ | “Accentue les défauts” | “Donne libre court à ton intuition la plus “ | etc…

Cette méthode s’appelle Stratégies Obliques et fut inventée par Brian Eno et Peter Schmidt. Bien sûr, j’ai adapté mon jeu de carte à l’écriture de roman. Cela m’aide à ne plus faire peser sur mes petites épaules la lourde tâche de trouver une idée. Le fait de tirer au hasard une carte, de simplement appliquer ce qu’il y a écrit dessus, je trouve ça libérateur. Comme si le cosmos me filait un coup de main. Comme si je n’avais qu’une porte à ouvrir pour plonger à nouveau dans un monde imaginaire incroyable.

Encore une fois, je vous ai exposé là le processus que j’utilise pour toujours rester inspiré. Il se peut que rien de ce que j’ai dit ne fonctionne sur vous, et ce n’est pas grave. Car bien plus que toutes ces méthodes, ce qui est important, c’est de démystifier la créativité et son absence. L’inspiration ne peut être domptée. Elle est sauvage, imprévisible. N’espérez pas qu’elle reste assise gentiment, attendant que vous l’utilisiez. Mince, elle a des univers infinies à s’occuper, vous croyez qu’elle a que ça à faire ?

Nous avons tous une relation unique et privilégiée avec l’inspiration, à nous de faire de notre mieux pour la comprendre afin qu’elle ne nous quitte jamais.

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